Fabien Galthié: Retour Intérieur sur le « puceau mobylette » devenu grand.

fabien galthié colomiers Gonfles
“Février 1986

C’est un triste samedi après-midi d’hiver. J’ai 17 ans. Un samedi de plus à errer sans occupation. Depuis le début de la saison, je ne joue plus au rugby. Des douleurs dorsales m’ont poussé à consulter un médecin, puis deux, puis la sommité locale, celui du CREPS de Toulouse.
Son verdict est malheureusement sans appel: plus de rugby!

Le spondylolisthésis (affection du squelette humain) dont je suis atteint met en danger ma moelle épinière. Je dois passer des soirées entières à tremper dans des piscines avec le troisième âge. Simultanément, mon acné juvénile importante oblige mon dermatologue à me prescrire du Roaccutane, un médicament dont j’ai appris plus tard qu’il pouvait provoquer chez l’adolescent une grave depression et, dans les cas les plus extrêmes, le suicide.

Tout ça combiné met en péril mon année en première scientifique au lycée Pierre de Fermat. Mes résultats s’effondrent. Le bon élève que j’étais est devenu un cancre. Mes notes sont au plus bas, comme mon moral. Je me souviens des regards de mes professeurs et de leurs commentaires désobligeants.

Pour autant, je subis les évènements et apparais sans ressource, sans aucune volonté: électroencéphalogramme plat ! Le vide absolu ! Au fil des jours, je m’enfonce dans la tristesse et la mélancolie.

Mon seul refuge est mon village natal du Lot, Montgesty. Ce morceau de terre qui brûle ma mémoire. J’y consulte mon médecin de famille, qui diagnostique la maladie du baiser: la mononucélose ! Paradoxal, car l’ado boutonneux et mal dans sa peau que je suis n’a jamais embrassé une fille. Absolument jamais…

Ce samedi donc, je sillonne les rues de Tournefeuille, l’âme en peine. Subitement, j’aperçois un match de rugby sur le terrain municipal. Je ne me souviens pas des équipes mais seulement que ce devait être une rencontre de juniors.

Sans savoir pourquoi, je me dirige derrière le stade, pose mon vélo sur la balustrade et m’enfonce dans le couloir. Une fois devant le vestiaire, je rentre et m’assois sur le banc. Soudain, l’odeur du lieu, son atmosphère et son âme me saisissent violemment. Pour la première fois au cours de cette année vide, plate et sans saveur, je me sens bien. Enfin, je respire ! J’ai l’impression de vivre à nouveau.

Le match se termine, et les joueurs reviennent au vestiaire. Je quitte précipitamment les lieux, mais c’est décidé: quoi qu’il arrive, mercredi prochain, je serai à l’entraînement avec les juniors de Colomiers.”

Retour intérieur: INSTANTS DE VIE ET BIOGRAPHIE

Célèbre demi de mêlée élu meilleur joueur de rugby du monde en 2002 par l’International Rugby Board (IRB) maintenant nommé World Rugby, Fabien Galthié à vécu soixante-quatre selections en équipe de France, trois Grands Chelems et quatre Coupes du monde. Autant dire que ce n’est pas un amateur. Quoique. Il aura tout de même participé à une Coupe du monde avec une licence non professionnelle…

Ce grand homme du rugby nous livre, grâce à Matthieu Lartot, un témoignage riche en émotions sportives, festives et humaines, retraçant un parcours exceptionnel.

fabien-galthie-dieu-du-stade-Gonfles
Bah dis donc…Tu viens plus aux soirées?

Depuis ses débuts à Colomiers, Fabien Galthié fait remonter ses souvenirs en équipe de France aux côtés de Serge Blanco, Philippe Sella et autres personnages, son essai refusé lors d’une demi-finale de Coupe du monde 95 que l’Afrique du Sud de Nelson Mandela ne pouvait pas perdre. 1995, une année charnière pour Fabien.

L’exploit des Bleus contre les Blacks de Jonah Lomu lors de la Coupe du monde de 1999 ou encore les émotions contrastées de ses deux finales de championnat de France, l’une malheureuse, l’autre victorieuse font aussi partie du récit.

Un épisode va également marquer sa carrière et sa vie: la perte de son ami Eric Bechu, ami mais surtout mentor qu’il retrouvera plus tard pour entrainer Montpellier.

ET MERCI QUI ? MERCI CAPGEMINI.

Tantôt entraineur, tantôt consultant, l’ancien “Dieu du Stade” nous livre également ses secrets de coach, toujours à la recherche d’innovations tactiques et soucieux de gérer au mieux la dynamique collective d’une équipe de rugby.

Et merci qui? Merci Capgemini. Il appliquera ses théories au Stade Français, avec les Pumas argentins contre les Bleus (traitre!), et dépuis 2010 à Montpellier avec succès puisqu’il mènera l’équipe en finale du Top 14 dès sa première année.

Retour Intérieur offre donc un tour d’horizon vivant, imagé et rythmé par ce clairvoyant demi de mêlée plutôt fêtard et parfois solitaire. 

NOTRE IMPRESSION sur retour intérieur

Bien qu’on ait le sentiment que Fabien aime se retrouver au centre des débats et des attentions, peut-être à cause d’un égo qui lui jouera parfois défaut en tant que joueur ou même commentateur, il saura toujours revenir sur ces évènements avec maturité pour repartir de plus belle. Un peu comme un pick and go à l’ancienne.

FACILE À LIRE ET IDÉAL POUR « SE REFAIRE LA CERISE, EN SOMME! »

retour-interieur-fabien-galthie-Gonfles

Malgré tout, Retour Intérieur est un bon petit bouquin facile à lire et idéal pour “se refaire la cerise, en somme!” (expression souvent utilisée dans ce livre). On vous invite à vous le procurer chez tous les bons libraires, comme disait ma grand-mère.

Tagged with: