Le rugbyman masqué: passage à vide sur le rugby français.

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Le rugby professionnel véhicule beaucoup de fantasmes et de valeurs. Et tout le monde veut en connaître les tenants et aboutissants. Ce livre s’annonçait comme un caramel en pleine bourre, un danger public. Et on y a cru jusqu’au bout. En vain.

Le syndrome de la page blanche, ça vous parle? C’est un peu ce qui nous arrive ici. Le contenu de ce livre est si masqué qu’on ne se souvient même plus de ce qu’on vient de lire. Une belle déception car il faisait partie de notre liste de livres sur le rugby à lire cette année.

En effet, la quatrième de couverture donnait envie. Dans son style minimaliste elle annonçait: « Ce livre sera pire qu’un plaquage, un tampon en pleine bourre. Je suis un rugbyman masqué. Libre comme l’air. Un danger public ». Voilà qui était annoncé. Comme un défit, un discours de motivation d’avant match.

UN VRAI PASSAGE À VIDE: IL NE SERT À RIEN ET NE TROMPE PERSONNE.

Et puis Clément nous avait dit beaucoup de bien de son équivalent footballistique The Secret Footballer. On s’attendait donc à du lourd côté rugby. Mais rien. Une seule question nous taraude en refermant ce bouquin. Quitte à être totalement incognito, pourquoi ne pas avoir vraiment balancé? Parce que la, ce livre est un vrai passage à vide: il ne sert à rien et ne trompe personne.

Certes quelques joueurs et managers prennent un peu cher, comme Morgan Parra, François Trinh-Duc, Marc Lièvremont et Fabien Galthié pour ne pas les citer. La fédé en prend également pour son grade. Mais clairement, nul besoin de se cacher derrière un pseudo anonymat pour écrire cela. On peut trouver ces infos en lisant L’Équipe ou Rugbyrama.

Si toutefois vous êtes intéressé par le rugbyman masqué, en voici un extrait:

« Je connaissais le rugbyman casqué, me voilà masqué. Et moi, les bals masqués, c’est vraiment pas mon truc. Pourtant je me suis laissé tenter. Pas pour le fric. Je suis rugbyman, les fameuses valeurs.

Contrairement au football, le blé ne fait pas la valeur. Enfin, c’est un genre qu’on aime se donner. Au niveau du folklore, on préfère jouer la carte Patrick Sébastien et son « Grand Cabaret » que Booba au « Grand Journal ». Mais il est difficile aujourd’hui pour un sportif de haut niveau de ne pas être tenté de se faire de l’oseille et de surfer sur sa vague, courte, intense, éphémère.

Tout n’est pas question de fric, je vous le jure, parce que j’ai une haute idée de mon sport même si la vérité n’a jamais effleuré l’Ovalie. Mettez-vous au clair avec vous-même et votre fascination pour ce sport. Ça peut vous faire mal.

Je ne suis pas une légende à la Daniel Herrero. Je n’ai pas un accent du Sud à vendre du cassoulet sur un marché à Bayonne. Je ne suis pas un joueur à la retraite consultant. Je suis un joueur parmi les joueurs. Je m’appelle Julien, Marc, François, Sylvain, Thierry, Frédéric, Christophe, Yoann, Jean, Philippe, Fabien,…

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Il n’aime pas les bals.

Je les connais, ils me connaissent. Je ne veux pas leur faire peur. Mais ce livre peut ressembler à un plaquage, un tampon, une troisième mi-temps où on se laisserait aller. Préparez les vessies de glace, le Mercurochrome, les lavements barytés. Je suis un rugbyman masqué, libre comme l’air.

Vous avez envie de connaître qui, au fond? La façade, les apparences, les éléments de langage médiatique ou les backstages, les odeurs de vestiaire, les bruissements, les substances illicites, l’ADN de mon sport adoré?

Paraît qu’il faut rire de tout, et surtout du rugby. Le rire est mieux qu’une assurance-vie. La plupart des gosses jouent au rugby pour avancer masqués. Vis-à-vis de leurs parents, de leurs instituteurs, de leurs entraîneurs, du public, des journalistes, de leurs potes. En claire, une double vie. Une vie publique où tu joues au rubgyman et un autre que tu partages avec tes amis et où presque tout est permis, où l’on peut presque tout se dire. Moi, j’ai décidé d’écrire. De vous raconter tout ce qu’un rugbyman peut se dire. »

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